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L’élevage des champions
Découvrez le prince Khalid bin Abdullah, éleveur et propriétaire des Juddmonte Farms
Le 25 mars 2017, Arrogate, appartenant au prince saoudien Khalid bin Abdullah, offrit une de ses performances inoubliables, gravée à jamais dans la mémoire des amateurs de courses, lorsqu’il s’éleva d’une dernière place sans espoir pour se hisser vers la victoire et remporter la Dubai World Cup de Groupe 1, chronométrée par Longines, juste devant Gun Runner, classé troisième ex æquo au Longines World Rankings 2017.
Cette performance exceptionnelle n’aura pas seulement valu à Arrogate le respect de l’ensemble de la communauté hippique: les handicapeurs de l’industrie le récompensèrent d’une note maximale de 134 lui adjugeant ainsi, pour la deuxième année consécutive, le titre de Longines World’s Best Racehorse.

Bien que la victoire d’Arrogate à Meydan fut tout simplement éblouissante, il n’est pourtant pas le seul champion à avoir remporté les courses les plus prestigieuses du monde sous les célèbres couleurs vertes, roses et blanches du prince Khalid bin Abdullah, membre de la maison de Saoud, famille régnante d’Arabie Saoudite.

En effet, au cours des quarante dernières années, le prince Khalid bin Abdullah a présenté de grands chevaux comme Known Fact, Rainbow Quest, Dancing Brave, Oasis Dream, Kingman, Frankel ou encore la pouliche Enable qui, à plusieurs reprises, ont remporté des courses majeures comme le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Longines World’s Best Horse Race
2017), les King George VI et Queen Elizabeth Stakes, les Juddmonte International Stakes ou encore des Classiques comme les 2000 Guineas Stakes ou le Derby d’Epsom. Ces athlètes ont changé le visage des courses hippiques modernes, jusqu’à influer sur les reproducteurs, où leurs lignées garantissent l’amélioration permanente des races de pur-sang.

Le prince, qui découvrit les courses par l’intermédiaire d’un ami, a parcouru un long chemin depuis l’achat de ses premiers yearlings en 1977 qui, d’ailleurs, n’ont jamais enregistré de performances remarquables. Cependant, peu après, la pouliche Abeer lui offrit sa première victoire à Royal Ascot. En 1980, le vainqueur des 2000 Guineas Stakes, Known Fact, entra dans l’histoire du turf britannique en devenant le premier champion de Classiques à représenter un propriétaire du Moyen-Orient. Le très discret prince, qui préfère par ailleurs se présenter sous le nom de K. Abdullah sur les programmes, se révéla complètement fasciné par ces pur-sang. De propriétaire, il s’adonna alors à l’élevage de chevaux de course dans sa propriété anglaise des Juddmonte Farms.
Prince Khalid bin Abdullah, l’un des meilleurs propriétaires-éleveurs de l’histoire de la course hippique
Le vainqueur de Classiques Known Fact allait devenir le premier étalon de Juddmonte Farms, rapidement suivi par le vainqueur du Derby d’Epsom, Rainbow Quest, ainsi que par Dancing Brave, vainqueur du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe de 1986 et des King George VI et des Queen Elizabeth Stakes. Ce dernier était considéré comme le meilleur cheval de la fin du XXe siècle, jusqu’à l’arrivée à la fin des années 2000 du cheval de course le plus coté au monde et champion invaincu: Frankel.

Lord Teddy Grimthorpe, directeur de courses pour le prince Khalid bin Abdullah, se souvient: «Après la réussite de Known Fact, le prince Khalid s’impliqua de plus en plus dans le monde des courses hippiques. Il m’a toujours dit qu’il n’avait jamais eu de projet défini, tout du moins pas au départ. L’évolution de son activité tient plus de l’improvisation que d’une réelle prévision. Acheter des pur-sang, développer la ferme, tout s’est accéléré progressivement au fil des victoires. Il fallait trouver une solution pour ces chevaux, Known Fact, Rainbow Quest, Dancing Brave et toutes les pouliches. C’est ce qui a conduit à la création des fermes de pur-sang à Juddmonte en Angleterre, en Irlande et dans le Kentucky.»

Les années passant, les Juddmonte Farms se développèrent, proportionnellement au plaisir du prince Khalid. Aujourd’hui, l’établissement compte pas moins de sept étalons, y compris l’incomparable Frankel, incarnation de la réussite de l’élevage du prince Khalid et père de Cracksman, déclaré troisième ex æquo au classement du Longines World’s Best Racehorse 2017.
Lord Teddy Grimthorpe le confirme: «Le prince Khalid est passionné par les courses et s’investit de plus en plus dans ce sport, avec un réel bonheur. Il suffit de le voir dans l’espace des vainqueurs aux côtés d’un cheval issu de son élevage: il rayonne. Tous peuvent comprendre l’importance qu’il accorde à ses chevaux. C’est une relation toute particulière, comparable à celle d’être parent et d’avoir la satisfaction de voir ses enfants ou petits-enfants réussir. Aujourd’hui, plus de trente ans après avoir fondé ses haras, quatre à cinq générations de pur-sang Juddmonte connaissent la gloire sur les pistes avant de revenir à l’élevage. Une situation remarquable s’il en est.»

Le pur-sang le plus célèbre issu de Juddmonte Farms est Frankel, fils de l’étalon Galileo et de la jument Kind, petite-fille de l’ancien étalon de Juddmonte, Rainbow Quest. Frankel, du nom de l’entraîneur américain Bobby Frankel, qui a formé de nombreux vainqueurs pour le prince Khalid bin Abdullah aux États-Unis, est devenu l’un des meilleurs chevaux de course après une série de quatorze victoires consécutives. Souvent considéré comme le meilleur galopeur de tous les temps, il est connu non seulement pour sa brillante percée lors des 2000 Guineas Stakes, mais aussi pour l’histoire émouvante de son entraîneur haut en couleur et incroyablement talentueux, sir Henry Cecil, décédé peu après le retrait de Frankel pour le mettre à la reproduction.



Le pur-sang Arrogate, vainqueur du prix Longines World’s Best Racehorse en 2016 et 2017
L’entraîneur Bob Baffet aux côtés d’Arrogate
«Je crois que la carrière entière de Frankel fut tout simplement extraordinaire», explique lord Teddy Grimthorpe qui, avant de s’occuper des intérêts du prince Khalid bin Abdullah pour les courses et l’élevage il y a près de vingt ans, était un agent expérimenté pour repérer les pur-sang. «C’est toute cette histoire qui est remarquable, pas uniquement celle du cheval, mais aussi de son entraîneur Henry. L’histoire d’un homme qui s’élève, tombe et se relève à nouveau, est superbe en elle-même. Lorsque Frankel arriva, son aura prometteuse comparée au génie et à la fragilité de Henry était tout bonnement surréaliste.»

Après une pause, il se souvient: «Lorsqu’il n’était qu’un yearling, Frankel faisait déjà son effet. Quand on lui installa une selle à la fin de son deuxième automne, nous avions le pressentiment qu’il pourrait devenir un champion.» Il rit avant d’ajouter: «Comprenez-moi bien, c’est ce que nous pensons de tous nos poulains, mais le fait que Frankel satisfaisait à toutes nos attentes et qu’il avait Henry pour entraîneur ne pouvait qu’augurer un avenir brillant.»

De façon surprenante, avant que Frankel ne reçoive le plus haut score au monde – 140 – seul Dancing Brave avait obtenu une note plus élevée. Après une révision des notes par les handicapeurs en 2013, le score de Dancing Brave était passé de 141 à 138. Réfléchissant à ce qui rend Frankel si unique, lord Teddy Grimthorpe affirme: «Il existe un grand nombre de raisons pour lesquelles il se démarquait. Lorsqu’il a participé au Juddmonte Royal Lodge à l’âge de 2 ans, il a tout simplement donné toute son énergie et gagné la course avec dix longueurs d’avance. Pour nous, il avait certainement quelque chose de spécial. C’est alors qu’il remporta les 2000 Guineas Stakes sur toute la ligne, c’était extraordinaire. À la moitié de la course, il distançait les autres concurrents de dix à quinze longueurs et maintenait cette avance. Le public l’applaudissait et le félicitait sans attendre la fin. Je n’avais jamais vu ça.
Et puis il y a eu ce jour incroyable, chargé d’émotion, à York, lorsqu’il remporta les Juddmonte International Stakes, la course emblématique du prince Khalid, devant une foule immense. Il courut une distance de 2000 mètres pour la première fois et, cette fois encore, il gagna la course de sept longueurs. Enfin, n’oublions pas sa dernière course. Pas une consécration, car il était déjà le plus grand, mais la démonstration qu’il pouvait tout réussir, sur chaque distance, chaque terrain. Aujourd’hui encore, les gens viennent me voir pour me dire qu’ils ont emmené leurs enfants à cette course. Ressentir cette émotion, c’était formidable pour notre sport. Frankel est passé des pages sport aux pages finances, puis aux pages de couverture. Bien sûr, il avait le charisme qui allait avec.»

Les émotions de cette période sont encore brutes. Lord Teddy Grimthorpe sait que les pages d’histoire qui s’écrivent autour des chevaux que possède et élève le prince Khalid bin Abdullah sont précieuses dans un monde où la réussite se mesure au quotidien. Dans un hippodrome, seules les victoires comptent. Il se sent chanceux de prendre part aux activités du prince Khalid bin Abdullah. «Lorsque je pense à la victoire de Dancing Brave au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe face à près de huit vainqueurs de Groupe 1, je me remémore une course qui me donne encore des frissons», conclut-il. «Je pense aussi à l’extraordinaire Frankel, qui évolue dans d’autres sphères. Je n’oublie pas Arrogate, que nous avons acheté pour courir en Californie. Dire que nous avons tiré le gros lot avec Arrogate est un euphémisme. Aujourd’hui, c’est au tour d’Enable, qui a déjà remporté le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe et qui sera prête à défendre son titre cette année. C’est tout simplement grisant. Nous avons tous une chance immense de pouvoir contempler ces champions.» [Liz Price]



Des chevaux de haut vol
Parcourir le monde en avion pour le travail, les loisirs ou le sport est une seconde nature pour beaucoup, mais nous ne sommes pas les seuls à filer dans les airs. Au cours de la deuxième moitié du siècle précédent, les chevaux ont eux aussi pris l’habitude de voyager en avion. Tout comme les autres passagers, ils ont un passeport, subissent une forme de décalage horaire et peuvent voyager en première, business ou en classe économique.
« En revanche, les chevaux ne peuvent cumuler de points fidélité», indique Martin Atock, directeur général de Peden Bloodstock, une des agences internationales les plus expérimentées dans le transport équestre. Elle assure régulièrement le déplacement des participants au Longines Global Champions Tour, des meilleurs chevaux de course ou d’endurance, qui participent aux principaux événements sportifs dans le monde entier.

Pour M. Atock, ancien cavalier ayant porté les couleurs de l’Irlande lors d’événements internationaux réservés aux jeunes, cumuler des points fidélité est bien le cadet de ses soucis lorsqu’il s’agit de faire voyager des étalons, des chevaux de course ou des champions de CSO de plusieurs millions de dollars entre l’Europe et l’Amérique, de Hong Kong à Mexico ou partout ailleurs. Pour lui, il est bien plus important que ses passagers équestres soient bien soignés et correctement encadrés, afin que leur vol se passe dans les meilleures conditions et qu’ils arrivent à destination en pleine forme.

À ses yeux, il est essentiel de traiter les chevaux comme des individus: «Tout comme nous, chaque cheval a une personnalité propre. C’est à cet égard que notre équipe de soigneurs aériens, expérimentés et formés, prend tout son sens. Parfois, vous disposez d’à peine quelques secondes pour comprendre le caractère d’un cheval, quand vous le rencontrez sur le tarmac avant de le guider vers les écuries de transport aérien. Si un problème survient dans l’avion, ce qui, heureusement, est très rare, il faut savoir comment réagir.» Il ajoute rapidement: «La plupart du temps, si un cheval devient anxieux, c’est parce qu’il est claustrophobe. Dans ce cas, on essaie de lui donner plus de place en retirant une cloison. Je me répète, j’en ai conscience, mais ils sont comme nous. Certains réagissent plus vivement que d’autres dans un espace restreint.»

Une équipe de professionnels a pour mission de veiller sur les chevaux. Celle-ci comprend un vétérinaire qualifié pour le vol et des pilotes habitués à transporter un chargement si précieux. Un décollage en douceur sans virage serré à gauche ou à droite, un atterrissage pendant lequel l’avion parcourt l’essentiel de la piste sans freiner brusquement: ces manœuvres donnent aux chevaux le temps nécessaire pour trouver leur équilibre et se détendre. Autre avantage, les stalles d’avion sont aménagées comme des box, un environnement familier, comme le confirme M. Atock: «Une stalle d’avion mesure 2,94 mètres de long et 2,34 mètres de large. On peut installer au maximum trois chevaux dans une stalle, ce qui correspond à la classe économique. La classe business présente des stalles avec une séparation, soit un espace pour deux chevaux. Enfin, la première classe consacre une stalle entière à chaque animal. La plupart des chevaux qui se rendent par exemple aux événements du Longines Global Champions Tour utilisent la classe business, car ils peuvent atteindre 630 kilogrammes et près de deux mètres. Ils ont besoin d’un peu plus d’espace et deviendraient claustrophobes dans une stalle simple. À l’inverse, les chevaux d’endurance, plus petits, se contentent parfaitement de la classe économique.»
M. Atock reprend: «Fait surprenant: tout comme nous, les chevaux voyagent normalement dans le sens de déplacement de l’avion. Cependant, si l’on installe un cheval dans une stalle sans séparation, celui-ci s’orientera vers l’arrière de l’avion, en diagonale, à droite. C’est la position que les chevaux choisissent quand on leur en donne la possibilité. Nous avons fait ce constat en observant les nombreux chevaux que nous transportons.»

Peden Bloodstock, qui gère également la société de transport équestre Janah, appartenant au cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, transporte des chevaux dans le monde entier depuis plus de 70 ans. L’agence a réalisé son premier vol en 1947, lorsque trois chevaux, appartenant au célèbre éleveur français Marcel Boussac, franchirent la Manche pour se rendre à Royal Ascot. Depuis cette date, Peden Bloodstock n’a eu de cesse de battre ses records en achemi­nant des centaines de chevaux vers les plus grands événements équestres. D’ailleurs, en septembre 2018, Peden Bloodstock s’occupera du plus grand nombre de chevaux à ce jour, pour acheminer les concurrents des FEI World Equestrian GamesTM, dont Longines sera le Chronométreur Officiel, organisés au Tryon International Equestrian Center, en Caroline du Nord.

«En 2010, pour les World Equestrian Games de Lexington, nous avons transporté 441 chevaux», confirme M. Atock, qui passe plus de temps dans les airs qu’en Allemagne, où est basée son agence. «Cette année, lorsque nous aurons terminé le Longines Global Champions Tour, nous transporterons 560 chevaux pour les Jeux. Nous avons déjà affrété 20 appareils.»

Seuls deux modèles d’avion ont été retenus: les Boeing 777 et 747. «Nous essayons d’utiliser les modèles les plus modernes, car l’élément décisif en vol est la circulation de l’air. Prenez deux chevaux en classe business: ils totalisent 1300 kilogrammes dans une stalle. Ces animaux respirent, dégagent une chaleur corporelle. Il est donc essentiel d’avoir une bonne circulation de l’air. Nous échangeons régulièrement avec les pilotes et l’équipage pour trouver les paramètres adéquats. De plus, il est crucial que les animaux soient bien hydratés. L’astuce avec les chevaux, c’est de se rappeler qu’ils sont, comme nous, des mammifères. Ils ont un cerveau, un train de vie, une horloge biologique. Nous devons boire plusieurs litres d’eau pendant le vol; c’est aussi leur cas. Une bonne circulation de l’air et une hydratation correcte font toute la différence sur l’état du cheval et son temps de récupération.»

De trois chevaux en 1947 à plus de cinq cents en 2018, le transport aérien pour les chevaux est devenu un commerce florissant. Les meilleurs chevaux de saut d’obstacles sont probablement les plus grands voyageurs par avion, mais certains chevaux de course peuvent accumuler de longues heures de vol. Avec plusieurs soigneurs veillant à leur bien-être, des pilotes délicats et un contrôle des passeports effectué pendant que les animaux s’installent dans leurs écuries, l’avion devient un mode de transport d’avenir pour le cheval. Quel dommage que les chevaux n’obtiennent pas de points fidélité… [Liz Price]

C’est l’élégance, comme une soirée à Paris. Il est à la fois petit et grand, tout comme la France. Il trône fièrement à côté de la tribune originelle du XIXe siècle, qui nous rappelle nos racines.
ParisLongchamp:
Tout en élégance et légèreté,
comme une soirée à Paris !
La patience est souvent récompensée: la vue que nous offre l’hippodrome de ParisLongchamp, inauguré en avril après deux ans de travaux, est tout simplement inoubliable. Depuis la terrasse d’un toit suspendu – un trésor d’architecture susceptible de devenir un des hauts-lieux parisiens – les amateurs de courses, tout comme les visiteurs peuvent admirer la belle silhouette de la capitale encadrée par les feuillages luxuriants du bois de Boulogne, tout en profitant des courses les plus palpitantes du monde hippique.
Cet hippodrome où se dispute le légendaire Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, lauréat du Longines World’s Best Horse Race en 2015 et 2017, se situe à dix minutes en voiture des Champs-Élysées. Il accueille désormais ses passionnés dans un environnement durable qui promet une expérience hippique inédite et rafraîchissante.

Le nouveau ParisLongchamp a été dessiné par l’architecte français Dominique Perrault, qui a imaginé un monument capable d’accueillir jusqu’à 60’000 spectateurs comme «Une tribune en mouvement, un cheval au galop». L’hippodrome sera ouvert toute l’année, évidemment pour les courses de plat, mais aussi pour des concerts, des festivals, de nouvelles expériences gastronomiques, des conventions, des expositions et des conférences.

Il s’agit là d’une rupture claire avec le rôle habituel des grands complexes sportifs. Édouard de Rothschild, Président de France Galop, l’association gérant les courses hippiques en France, explique: «Longchamp a été fondé en 1857, tandis que sa dernière rénovation date du début des années 1960. À l’époque, la construction de trois nouvelles tribunes avait représenté une avancée technique majeure, car ces dernières avaient été bâties sur des rails à 250 mètres des pistes avant d’être glissées jusqu’à leur emplacement final. Quoi qu’il en soit, elles répondaient aux besoins d’une époque différente. Récemment, les tribunes montraient des signes d’usure et ne correspondaient plus aux attentes et aux envies de nos clients du XXI siècle. Nous avons souhaité avancer avec notre temps pour contenter notre public. Ainsi, le nouveau ParisLongchamp, un projet dont nous avons jeté les bases en 2010, pendant mon second mandat à la présidence de France Galop, a été pensé comme une enceinte sportive moderne, plus ouverte sur le monde et à d’autres activités,
destinée à une utilisation quotidienne et non plus exclusive aux courses hippiques. Désormais, outre plus de 30 journées de courses annuelles et grâce à un service traiteur d’excellence, nous espérons faire de ParisLongchamp une nouvelle destination tendance pour un large panel de publics. Nous voulons que le site devienne un monu­ment parisien qu’on veut visiter, une expérience qu’on veut vivre, avec ou sans les courses.»

Son design élégant, porté par des couleurs discrètes et des matériaux naturels comme le bois et le verre, se fond naturellement dans le paysage du célèbre parc de Paris. À ParisLongchamp, Parisiens, touristes et spectateurs profiteront d’une journée à la capitale, loin des distractions visuelles et auditives du quotidien de la ville. «Exactement», sourit M. de Rothschild. «Y a-t-il sport plus vert que les courses hippiques? Par le passé, nous avons déjà fait preuve d’un pragmatisme soucieux quant à notre héritage, en essayant d’améliorer nos bâtiments autant que possible pour nous conformer aux normes de développement durable. Cette fois, avec ParisLongchamp, nous avons atteint un niveau bien supérieur. Nous sommes situés dans le bois de Boulogne, un grand parc et l’un des ‹poumons› de la capitale. C’est tout naturellement que nous avons voulu un hippodrome vert, très vert. Les zones bétonnées de Longchamp ont laissé place aux étendues verdoyantes de ParisLongchamp. Nous avons désormais trois fois plus de pelouses qu’auparavant, et nous avons planté 100 nouveaux arbres. Le site comptabilise plus de 580 arbres. Je suis toujours émerveillé quand je m’y rends. C’est un cadre magnifique pour flâner. Et quelle tribune! Il y a quelque chose de presque miraculeux avec les monuments de cette envergure. Sur le papier ou en maquette, ils semblent toujours irréels. Maintenant qu’il se dresse devant nous, c’est tout simplement formidable.»
Baron Edouard DE ROTHSCHILD, Lisa-Jane GRAFFARD, Mickaël BARZALONA, Juan-Carlos CAPELLI
Les zones bétonnées de Longchamp ont laissé place aux étendues verdoyantes de ParisLongchamp. Nous avons désormais trois fois plus de pelouses qu’auparavant, et nous avons planté 100 nouveaux arbres. Le site comptabilise plus de 580 arbres.
Il est difficile de rester de marbre face à cette nouvelle tribune. Sa conception intelligente sera tout aussi intuitive pour les habitués des courses, qui se rendent régulièrement à l’hippodrome, que pour les milliers d’amateurs internationaux qui viennent chaque année d’Angleterre, d’Irlande, du Japon ou encore d’Allemagne, d’Italie et de bien d’autres pays pour le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Comme l’explique M. de Rothschild: «D’un point de vue pratique, le lieu n’a pas tellement changé. Nous avons bien évidemment conservé les écuries, le paddock, la salle de pesée. Tout est là, dans un nouveau style, dans une atmosphère différente. Cependant, les tribunes des spectateurs proposent une expérience radicalement nouvelle, car l’ensemble du bâtiment se concentre sur la piste qui demeure identique. Le restaurant, sur les toits, enchantera tous nos visiteurs, surtout pendant la belle saison, lorsque l’on aime passer du temps dehors.»

ParisLongchamp est l’hippodrome phare de l’hippisme français, la piste où s’affrontent les meilleurs chevaux de course du monde, où les champions forgent leur légende. Dès lors, quoi de plus évident que de suivre ses courses de renom, comme le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, le Juddmonte Grand Prix de Paris ou l’Abu Dhabi Poule
d’Essai des Poulains et des Pouliches, depuis une tribune digne de l’occasion, de son histoire et de son environnement. Comme le souligne M. de Rothschild: «Les plus grands hippodromes du monde en disent long sur ceux qui les habitent, amateurs de course ou non. Ascot est la quintessence de la tradition britannique, devenu un symbole de la Cool Britannia, quand l’économie et la culture anglaises avaient le vent en poupe. La tribune de Meydan à Dubaï est à la plupart des hippodromes ce que le Burj Al Arab, l’immeuble le plus haut du monde, est à notre modeste tour Eiffel. Les meilleurs champs de course d’Asie ont été conçus pour accueillir des foules immenses, dont les dimensions les rapprochent de stades ou d’aéroports. Celui de Saratoga, en Amérique, dégage un parfum de campagne et de vacances parfaitement unique.»

Après une pause, il ajoute: «Et ParisLongchamp? Que dire... C’est l’élégance, comme une soirée à Paris. Il est à la fois petit et grand, tout comme la France. Il trône fièrement à côté de la tribune originelle du XIXe siècle, qui nous rappelle nos racines. C’est une bonne chose, à l’heure où les fondements des courses hippiques sont en jeu.» [Liz Price]
Winx
Une championne, une fierté nationale et de loin le cheval charismatique le plus
prisé au monde !
Comme toute star qui se respecte, quand Winx cligne des yeux, le monde est à ses pieds. De son Australie natale, où elle a atteint en mars 2018 le nombre record de vingt-cinq victoires onsécutives dans des courses de Groupe et où le moindre de ses faits et gestes fait la une des journaux, jusqu’en Europe, où les organisateurs de courses se plient en quatre pour l’attirer au Qatar Festival de Goodwood ou à l’Ebor Festival de York, la jument de 6 ans est devenue une superstar disposant d’un compte Twitter et d’un fan club dédiés.
L’histoire incroyable du cheval le plus en vue du monde hippique commence en 2012, à la vente de yearlings Magic Million Gold Coast: elle est alors cédée à Magic Bloodstock pour le compte de trois amis, Peter Tighe, Debbie Kepitis et Richard Treweeke. M. Tighe, qui a placé l’enchère, reconnaît volontiers avoir dépensé un peu plus que prévu. Quand bien même, aujourd’hui, son prix d’achat de AUD 230’000 semble dérisoire comparé aux plus de AUD 15 millions qu’a remportés la jument.

Le parcours de Winx ne se limite pas à une question d’argent: c’est l’histoire d’une athlète remarquable et d’une passion sans bornes pour les courses hippiques. Winx est la fille de l’étalon Street Cry et de la jument Vegas Showgirl. C’est Richard Treweeke qui a choisi son nom. À 86 ans, M. Treweeke est le plus âgé du trio d’amis. Il raconte avoir trouvé ce nom lors d’un voyage à Las Vegas où, d’un clin d’œil, les showgirls peuvent combler un homme.

Ces quatre dernières années, depuis sa toute première compétition et victoire lors d’une course à handicap pour chevaux de 2 ans à l’hippodrome peu connu de Warwick Farm, Winx a montré qu’elle portait décidément bien son nom au cours d’une série de coups d’éclat, dont trois victoires consécutives au Cox Plate et une aux Longines Queen Elizabeth Stakes. Elle est une véritable source de bonheur, pas seulement pour ceux qui travaillent avec elle, mais aussi pour des milliers d’autres, amateurs chevronnés de courses hippiques ou novices.
«A-t-elle changé nos vies?» s’amuse Peter Tighe, Directeur d’une entreprise de négoce en gros de fruits et légumes dans le Queensland. «Et comment! Difficile de faire autrement. Et nous ne sommes pas les seuls. Certains me confient qu’ils ne connaissent pas les chevaux et ne suivent pas les courses, mais qu’ils ne manquent jamais celles auxquelles participe Winx. Quand on y pense, ces personnes n’ont jamais eu d’intérêt pour notre sport mais, aujourd’hui, elles s’organisent pour être chez elles le dimanche à 15 heures pour la voir courir. C’est ce que j’aime le plus. Désormais, ma femme Patty et moi ne sommes plus des inconnus dans la rue: on nous arrête pour poser des questions sur Winx. C’est surréaliste, on nous parle d’elle comme si c’était notre fille. Bonjour, comment vont les enfants? Ils sont en bonne santé? C’est ainsi qu’on nous parle d’elle.» Winx a certainement gagné l’amour d’un pays. Pourtant, bien que son entraîneur, Chris Waller, était certain de son talent, personne, pas même ses propriétaires enthousiastes, n’aurait pu deviner qu’elle deviendrait un jour la championne d’exception qu’on connaît. M. Tighe, qui possède des chevaux depuis plus de vingt ans, se rappelle tous les instants de la carrière de la jument: «Elle a remporté ses trois premières courses et, comme tout propriétaire, nous avions rêvé, espéré et souhaité avoir acquis un cheval spécial. Mais, après ces victoires précoces, elle a eu une petite poussée de croissance qui l’a légèrement déstabilisée. Elle a donc connu quelques défaites. Elle a même clairement perdu une course de Groupe 2, finissant à la septième place sur onze concurrents. Je ne dis pas que nous avons perdu foi en elle, mais nous étions loin de nous douter de ce qu’elle nous réservait pour la suite.»





Ce qui les attendait fut un moment décisif dans la carrière de Winx, comme nous le raconte M. Tighe: «Nous l’avons inscrite à la Sunshine Coast Guineas, une course de Groupe 3. Winx était favorite. Pourtant, elle ne nous aurait pas déçus si elle n’avait pas remporté la victoire car, sur dix-huit participants, elle avait obtenu la corde extérieure. On passait également d’un parcours de 2400 mètres à 1600 mètres.» Les conditions ne jouaient pas en sa faveur. Arrivée à la dernière ligne droite, à peine 400 mètres avant la fin, elle occupait encore la dernière position. Alors, libérant sa désormais célèbre accélération finale, elle dépassa tous les concurrents pour remporter brillamment la course par deux longueurs, signant ainsi le début d’une série de victoires toujours en cours.

«On ne peut pas vraiment expliquer ce qui s’est passé», avance M. Tighe. «Elle a eu un déclic. Ce jour-là n’était pas une exception. Winx a dévoilé son style de course. Lors de la course suivante, on l’a bousculée, on l’a freinée, sans ménagements. Cette fois encore, elle était quatorzième sur quatorze. Même dans nos rêves les plus fous, on n’imaginait pas qu’elle gagnerait la course. Et pourtant, elle l’a fait.»

Depuis ce jour mémorable à la Sunshine Coast, en mai 2015, Winx n’a jamais regardé en arrière. En 2017, elle est entrée dans l’histoire en remportant pour la troisième fois le Cox Plate, l’une des courses les plus prestigieuses d’Australie.

L’homme qui l’a guidée vers ses dix-neuf dernières victoires n’est autre que Hugh Bowman, récompensé du prix Longines World’s Best Jockey en 2017. Il se remémore le jour inoubliable de sa troisième victoire au Cox Plate, à Moonee Valley:
«Personne ne bougeait. Chacun se tenait debout dans la grande tribune et nous regardait. Je n’avais tout simplement pas de mots. Elle est entrée dans l’histoire. C’est un rêve de travailler avec elle, c’est la professionnelle par excellence.»

M. Tighe était lui aussi aux abords de la piste ce jour-là: «On voyait une mer bleue et blanche célébrer ses couleurs. C’est vraiment impressionnant. On voit des costumes à ses couleurs avec des épaulettes blanches, des femmes porter des sacs au nom de Winx.»

Il n’y a évidemment aucune garantie qu’elle restera indétrônable. Peu importe ce que leur réserve l’avenir: les trois amis, Peter Tighe, Debbie Kepitis et Richard Treweeke, tout comme Chris Waller et Hugh Bowman, seront toujours reconnaissants pour la voie que Winx leur a ouverte. M. Tighe termine: «Le plus merveilleux, c’est que Winx rapproche les gens. La camaraderie et l’esprit social propres aux courses hippiques sont d’autant plus appréciables qu’elle nous a ouvert un grand nombre de portes. Aujourd’hui, nous travaillons pour des œuvres caritatives, nous pouvons agir pour les plus démunis. Nous pouvons utiliser Winx pour récolter des fonds pour le National Jockeys Trust ou au profit des enfants. Elle nous a permis de voyager vers des destinations inespérées: Sydney, Melbourne, Brisbane et, bien sûr Londres, où elle a obtenu la deuxième place aux Longines World’s Best Racehorse Rankings en 2017. Qui sait, peut-être nous emmènera-t-elle un jour à Royal Ascot? Advienne que pourra: elle nous a sans conteste emporté dans l’aventure d’une vie!» [Liz Price]



... à peine 400 mètres avant la fin
«Les conditions ne jouaient pas en sa faveur. Arrivée à la dernière ligne droite, à peine 400 mètres avant la fin, Winx occupait encore la dernière position. Alors, libérant sa désormais célèbre accélération finale, elle dépassa tous les concurrents pour remporter brillamment la course par deux longueurs, signant ainsi le début d’une série de victoires toujours en cours.»
( n.d.l.r. : lors du Sunshine Coast Guineas )
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